Fatima Mohammed al-Fihri (décédée en 880 de
notre ère)
Au début du 9e siècle, la famille de Fatima migra de
Kairouan, en Tunisie, à Fès, au Maroc. C’était une famille de gens instruits et
Fatima et sa sœur Mariam apprirent les sciences islamiques de la jurisprudence
et des hadiths. Son père, Mohammed al-Fihri, travailla dur pour devenir un
marchand prospère et quand Fatima et Mariam héritèrent de la fortune de leur
père, elles l’utilisèrent pour faire construire des mosquées et des centres
d’enseignement. Fatima est surtout connue comme la fondatrice de la première
institution d’éducation supérieure délivrant des diplômes. L’université
qu’elle fonda est toujours fréquentée, de nos jours. Elle porte le nom
d’Université Al Quaraouiyine et est située à Fès, au Maroc. Le bâtiment
d’origine était une mosquée, qui fut transformée, petit à petit, en lieu
d’éducation. Selon l’UNESCO, il s’agit de la plus ancienne institution délivrant
des diplômes; elle est donc la toute première université connue.
L’Université Al Quaraouiyine a produit
de nombreux penseurs musulmans connus, incluant Abdoul-Abbas, le juriste
Mohammed al-Fasi et Leo Africanus, le fameux auteur et globe-trotter. D’autres
noms célèbres associés à cette université incluent le juriste malikite Ibn
al-Arabi (mort en 1148 de notre ère), l’historien Ibn Khaldoun (mort en 1406 de
notre ère) et l’astronome al-Betrougi (de son nom latin Alpetragius), mort en
1204 de notre ère.
Les non-musulmans étaient eux aussi les
bienvenus à Al Quaraouiyine. Parmi eux, Gerbert d’Aurillac, qui devint, plus
tard, le Pape Sylvestre II. Il initia les Européens de l’époque médiévale aux
chiffres arabes et au concept du zéro. Un autre étudiant connu de cette université
fut le médecin et philosophe juif Moïse Maïmonide.
Fatima
al-Samarqandi (décédée au 12e siècle de
notre ère)
Fatima naquit à Samarcande. À
l’époque, c’était un important centre d’enseignement islamique et Fatima était
considérée comme une experte en loi islamique et en calligraphie. Elle était
la fille d’un grand juriste et érudit, Mohammed ibn Ahmad al-Samarqandi, qui a
rédigé le fameux ouvrage « Tuhfat al-Fuqaha », qui est un classique
en jurisprudence hanafite. Fatima apprit de son père et mémorisa ses
ouvrages. Elle se familiarisa avec la jurisprudence, le Coran et les hadiths
et prononçait des jugements islamiques (fatwas).
Elle épousa un des étudiants de son
père, un autre éminent érudit nommé Ala al-Din al-Kassani (mort en 1191 de
notre ère). Peu de temps après le mariage, le couple voyagea à travers le
monde islamique pour finalement s’installer à Alep, où il se fit connaître. Un
des étudiants de Kassani rapporte : « Parfois, des étudiants posaient
à al-Kassani des questions difficiles. Il les quittait et retournait chez
lui. Puis, de retour, il répondait à leurs questions de manière détaillée. Cela
se produisait régulièrement. Nous finîmes par comprendre que l’imam al-Kassani
retournait chez lui pour consulter son épouse, Fatima, sur les questions que
nous lui avions posées, puis revenait nous voir avec les réponses qu’elle lui avait
données. »
Zaynab bint Ahmad (décédée en 1339 de notre
ère)
Zaynab fut une grande érudite musulmane
du 14e siècle. Elle adhérait à l’école de jurisprudence hanbalie et
habitait Damas. Elle possédait des certifications dans plusieurs domaines,
mais elle excellait surtout dans l’étude des hadiths. Elle enseignait les
livres de Boukhari, Mouslim, Malik et at-Tirmidhi. Le globe-trotter Ibn
Battuta (mort en 1369 de notre ère) fut l’un de ses étudiants. Le nom de
Zaynab apparaît dans des douzaines de chaînes de narration d’Ibn Hajar
al-Asqalani (mort en 1448 de notre ère).
Fatima bint Ibrahim ibn Jowhar (14e
siècle de notre ère)
Fatima vécut au 14e siècle
de notre ère. Elle enseignait toute la collection de hadiths de Boukhari et
elle était si connue, dans le milieu, que lorsqu’elle se rendait à la Mecque
pour le pèlerinage, des érudits de partout dans le monde demandaient à être
admis à ses séances d’enseignement. Imam Dhahabi et Imam Soubqi firent partie
de ses étudiants. Fatima était souvent appelée à enseigner à la mosquée du
Prophète, à Médine. Lorsqu’elle eut atteint la vieillesse, on raconte qu’elle
s’appuyait sur la tombe du Prophète lorsqu’elle enseignait. À la fin de ses
cours, elle rédigeait et signait un permis accordant la permission de
transmettre ses narrations.
Aisha bint Abdoul Hadi (14e
siècle de notre ère)
Aisha naquit à Damas au début du 14e
siècle et y enseignait à la grande mosquée. Le Sultan la nomma Maître des
hadiths et elle enseignait les recueils d’Imam Boukhari. Ibn Hajar al-Asqalani,
considéré comme un grand spécialiste des hadiths, se rendit à Damas et étudia
plus de cent livres avec elle. Les chaînes de narration d’Aisha sont
considérée comme les plus fiables de sa génération à celle du prophète Mohammed
(que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui). Entre elle et l’imam
Boukhari, il y a huit transmetteurs, et entre l’imam Boukhari et le Prophète,
il y en a trois, quatre ou cinq transmetteurs. C’était la chaîne de narration
la plus courte de l’époque.
Fatima bint Hamad al-Foudayliyya (décédée en
1831 de notre ère)
Fatima était également connue sous le
nom de al-Sheikha al-Foudayliyya. C’était une juriste et une spécialiste
reconnue des hadiths. Née an Arabie, elle étudia la calligraphie et les sciences
islamiques, dans lesquelles elle excellait, tout en démontrant un intérêt
marqué pour les hadiths, qu’elle étudia avec différents professeurs. Plus
tard, elle les enseigna et délivra des diplômes à ses étudiants. Lorsqu’elle
s’installa à La Mecque, elle fonda une bibliothèque publique. Ses cours
étaient suivis par de nombreux érudits bien connus, dont Omar al-Hanafi et
Mohammed Salih. Ses étudiants louaient sa piété, sa vertu et sa superbe
calligraphie.
Nana Asmau (décédée en 1864 de notre
ère)
Nana était la fille du sheikh Osman dan
Fodio (mort en 1817 de notre ère), un juriste, réformateur et fondateur de la
nation musulmane ouest africaine Sokoto (aujourd’hui le Nigeria). Sa notoriété
n’était pas uniquement liée à celle de son père. Nana était une grande
poétesse, une historienne, une enseignante et une érudite en matière de
religion. Elle joua un rôle majeur dans les développements politique, culturel
et intellectuel de l’Afrique de l’Ouest durant plus de 50 ans après la mort de
son père. Une juriste malikite, elle se vouait entièrement à l’éducation des
femmes musulmanes. Elle établit le premier grand système d’écoles et
d’institutions publiques à travers la nation Sokoto.
Nana parlait parfaitement quatre
langues : l’arabe, le peul, l’haoussa et le touareg. C’était une
écrivaine prolifique, qui publia plus de 70 ouvrages sur des sujets tels que la
théologie, la loi et le rôle des femmes en islam. Sa campagne globale pour
éduquer les femmes fit d’elle l’une des femmes les plus influentes de l’Afrique
de l’Ouest au 19e siècle.