L’esprit et la raison sont une partie essentielle de la pensée et de la législation islamiques. L’un ne peut exister sans l’autre. À quoi fait-on référence, au juste, lorsque l’on parle de l’esprit? L’esprit peut produire deux types de raisonnements.
Le premier est le raisonnement intuitif, qui inclut la capacité de compréhension, de parvenir à des conclusions rationnelles, de formuler un discours et de se comporter de manière raisonnable. Le deuxième est un type de raisonnement que l’on acquiert de notre environnement, comme les choses que l’on nous a enseignées ou celles que l’on a apprises soi-même.
Nous parlerons ici du raisonnement intuitif, celui dont Dieu nous a dotés et qui nous rend responsables de nos actes. Celui ou celle qui ne possède pas ce type de raisonnement à cause de maladies physiques ou mentales ne peut être tenu responsable de ses actes.
Il arrive qu’une personne soit dotée de raison, mais qu’elle n’en fasse pas bon usage et qu’elle refuse de penser de manière logique sur des sujets comme la foi et la religion. Elle devient alors mécréante et est tenue entièrement responsable de son rejet de tout ce qui touche à la spiritualité.
« Il n’appartient à aucune âme de croire, si ce n’est par la permission de Dieu. Et Il jette dans l’infamie ceux qui ne raisonnent pas. »
Il n’est pas étonnant que le châtiment pour ceux qui ne croient pas est le même que pour ceux qui refusent de comprendre.
« Quiconque Dieu veut guider, Il fait que son cœur s’ouvre à l’islam. Et quiconque Il veut égarer, Il rend sa poitrine étroite et comprimée, comme s’il était en train de monter au ciel. Ainsi Dieu inflige-t-Il l’humiliation à ceux qui ne croient pas. »
Ces versets signifient qu’un individu ne peut espérer purifier son cœur s’il n’y met pas son cerveau à l’œuvre, permettant ainsi à la foi et à la sécurité d’entrer dans son cœur.
Le Coran fait référence à l’esprit de différentes manières :
1. L’esprit est en mesure de comprendre et de traiter le langage.
« Espérez-vous que (les enfants d’Israël) croiront en votre religion alors qu’un groupe d’entre eux, après avoir entendu et compris la parole de Dieu, l’aient sciemment falsifiée ? »
« Nous l’avons certes révélé – un Coran en langue arabe, afin que vous compreniez. »
Le Coran fut révélé en arabe pour que l’esprit des gens à qui il fut descendu soit en mesure de le saisir et d’apprécier le sens de ses versets.
L’esprit est en mesure de formuler des pensées cohérentes.
« Ô gens du Livre! Pourquoi discutez-vous au sujet d’Abraham alors que la Torah et l’Évangile ne furent révélés qu’après lui? Ne raisonnez-vous donc pas? »
« Ils n’apprécient pas le pouvoir de Dieu à sa juste mesure lorsqu’ils disent : « Dieu n’a rien révélé à un être humain. » Dis (à ceux qui parlent ainsi) : « Qui a révélé le Livre que Moïse a reçu comme lumière et guide pour les gens? Vous l’avez mis en feuillets pour (pouvoir) n’en montrer qu’une partie tout en cachant le reste. (Par ce Livre), on vous a enseigné ce que vous ne saviez pas, ni vous ni vos ancêtres. » Dis : « C’est Dieu (qui l’a révélé) », puis laisse-les se perdre dans leurs vains discours. »
Le verset souligne que les juifs ne peuvent prétendre croire à la mission prophétique de Moïse et dans la Torah, puis affirmer que Dieu n’a jamais rien révélé à un être humain; ils nagent en pleine contradiction.
« Il vous propose un exemple tiré de votre quotidien : avez-vous, parmi vos esclaves, des associés (qui partagent) les biens que Nous vous avons attribués, qui vous sont égaux à ce titre, et envers qui vous avez les mêmes égards qu’envers ceux de votre rang? Ainsi exposons-Nous Nos révélations à ceux qui raisonnent. »
« Dis : « Si Dieu avait voulu, je ne vous l’aurais pas récité et Il ne vous l’aurait pas non plus fait connaître. J’ai vécu toute mon existence parmi vous (avant qu’il ne me soit révélé). Ne raisonnez-vous donc pas? »
3. Les actes doivent correspondre aux paroles.
« Enjoignez-vous aux gens de faire le bien tout en oubliant vous-mêmes de le faire alors que vous lisez le Livre? Êtes-vous donc dépourvus de raison? »
Ô mon peuple! Dites-moi : si je m’appuie sur une preuve claire émanant de mon Seigneur, et s’Il m’attribue d’excellents moyens de subsistance, [comment puis-je vous accorder quelque droit que ce soit?]. Je ne souhaite nullement faire derrière votre dos ce que je vous demande de ne pas faire. Je ne veux que réformer votre situation autant que je le puis. Et ma réussite, (dans cette tâche), ne dépend que de Dieu. C’est en Lui que je place ma confiance et c’est vers Lui que je reviens repentant. »