Le prophète Jacob fait partie d’une lignée patriarcale de prophètes
envoyés par Dieu pour enseigner à leurs peuples à n’adorer qu’un seul Dieu et à
mener une vie pieuse. Le Coran enseigne que chacun des prophètes envoyés par
Dieu a enseigné le même message fondamental de monothéisme pur et de soumission
à un Dieu unique.
« Dites, (ô musulmans) : « Nous croyons en Dieu et en ce qui nous est révélé, et en ce qui a été révélé à Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et les Tribus, en ce qui a été donné à Moïse et à Jésus, et en ce qui a été donné à (tous) les prophètes, de la part de leur Seigneur. Nous ne faisons aucune distinction entre eux et nous nous soumettons entièrement à Dieu. »
« Et Nous lui avons donné Isaac, ainsi que Jacob (pour petit-fils), et Nous avons fait d’eux des hommes vertueux, ainsi que des dirigeants qui guidaient [les gens] selon Nos ordres. »
« Et fais mention aussi de Nos
serviteurs Abraham, Isaac et Jacob, hommes aussi forts que clairvoyants. »
(Coran 38:45)
L’histoire de Jacob est concise et nous
tenons de son fils Joseph la plupart des informations que nous avons sur lui. Jacob
possédait une grande force de caractère; il était entièrement soumis à Dieu et
sa foi était ferme et inébranlable. Il y a de belles leçons à tirer de
l’histoire de Jacob, telle que racontée dans le Coran. Le Coran mentionne
d’abord Jacob en référence au prophète Abraham, son grand-père.
« Puis, lorsqu’il se fut séparé d’eux et de ce qu’ils adoraient en dehors de Dieu, Nous lui fîmes don d’Isaac et de Jacob. Et de chacun, Nous fîmes un prophète. »
Le prophète Abraham est bien connu au
sein des trois religions monothéistes. En fait, on parle parfois de l’islam,
du christianisme et du judaïsme comme de religions abrahamiques. Le père de
Jacob était le prophète Isaac. Les prophètes Abraham, Isaac et Jacob étaient
bénis de Dieu et furent couverts de miséricorde et d’honneur.
« Nous leur donnâmes de Notre miséricorde et Nous leur fîmes une renommée sublime et durable à travers les âges. »
L’érudit musulman Ibn Kathir affirme
que le prophète Jacob quitta sa famille et se rendit chez son oncle maternel, où
il épousa deux de ses cousines, Leah et Rachel, et où il travailla pour son
beau-père comme berger. Il devint père de douze fils et leur descendance fut
plus tard connue sous le nom des douze tribus d’Israël. Dans le Coran, le
prophète Jacob est aussi appelé Israël et les érudits musulmans expliquent que
ce nom signifie « serviteur de Dieu ». Alors quand le Coran fait référence
aux enfants d’Israël, il s’agit des descendants de Jacob.
« Toute nourriture était licite aux enfants d’Israël, sauf ce qu’Israël (Jacob) s’interdit à lui-même avant que la Torah ne soit révélée. »
« … et parmi la descendance d’Abraham et d’Israël, et parmi ceux que Nous avons guidés et choisis. Quand les révélations du Tout Miséricordieux leur étaient récitées, ils tombaient prosternés en pleurant. »
Le prophète Joseph, l’un des fils de
Jacob, était très cher au cœur de ce dernier. Jacob joua un rôle important
dans l’histoire de son fils telle que relatée dans la sourate du Coran
intitulée Youssef (Joseph). Au début de son histoire, Joseph raconte à son
père un rêve qu’il a fait et l’interprétation qu’en fait Jacob est que Joseph
atteindra une position enviable au sein de la société et que toute sa famille
sera sous ses ordres et lui sera redevable.
C’est par l’histoire de Jacob que nous
apprenons ce qu’est la patience véritable. Jacob était un homme qui aimait beaucoup
ses enfants, mais qui souffrit énormément à cause d’eux. Lorsqu’il perdit
temporairement son plus jeune fils, Benjamin, il se rappela son chagrin d’avoir
perdu Joseph et se mit à pleurer de façon incontrôlable. Il pleura tant qu’il
en tomba malade et perdit la vue. Ses fils aînés, inquiets pour sa santé, lui dirent :
« Par Dieu, tu
ne cesseras d’évoquer Joseph jusqu’à ce que ta santé en soit ruinée ou que tu
sois parmi les morts. » Mais Jacob leur répondit qu’il ne se plaignait de
son chagrin qu’à Dieu et qu’il savait, de Dieu, des choses qu’eux ne savaient
point. (Coran 12:86) Car Jacob savait que Dieu aime et protège ceux qui sont
patients.
La patience du prophète Jacob est un
exemple pour nous tous. Elle nous rappelle qu’il faut savoir accepter la
volonté de Dieu, tout en ayant confiance en Lui. Cela ne signifie pas pour
autant qu’il soit interdit de ressentir du chagrin ou de l’anxiété, mais il
faut éviter de céder à la panique et de se plaindre à autres que Dieu. Le
prophète Jacob pleura tellement que sa famille craignit de le voir mourir de
chagrin, mais il se tourna toujours vers Dieu pour y trouver réconfort et ne Le
blâma jamais pour l’épreuve qu’il subissait.
Jacob mourut à un âge avancé, entouré
de sa famille nombreuse. Même sur son lit de mort, il s’inquiétait et se
demandait si ses enfants et ses descendants n’allaient pas oublier l’essence de
l’adoration de Dieu. Il avait passé sa vie à inviter les gens à n’adorer que
Dieu, de façon exclusive et, à l’agonie, il continua de rappeler à sa famille
l’importance du monothéisme pur.
« Étiez-vous présents lorsque la mort se présenta à Jacob et qu’il dit à ses fils : « Qu’adorerez-vous après moi ? » Ils dirent : « Nous adorerons ton Dieu, celui de tes pères, Abraham, Ismaël et Isaac – Dieu unique auquel nous sommes soumis (en tant que musulmans). »