Il peut paraître étonnant, pour
certains, que Marie soit l’une des femmes les plus respectées en islam et que
le Coran lui accorde beaucoup d’importance. La sourate 19 du Coran s’intitule Maryam
et la sourate 3 s’intitule Aal Imrane, c’est-à-dire la famille
d’Imrane. L’islam tient toute la famille d’Imrane en très haute estime. Le
Coran nous dit que :
« Certes, Dieu a préféré Adam, Noé, la famille d’Abraham et la famille d’Imrane à (toutes Ses) créatures. »
Dieu a élu les prophètes Adam et Noé à
titre individuel; mais Il a élu la famille d’Abraham et la famille
d’Imrane.
« Ils étaient descendants les uns des autres. »
La famille d’Imrane descend de celle
d’Abraham, laquelle descend de Noé, lequel descend d’Adam. La famille d’Imrane
comprend plusieurs personnes connues et respectées dans la tradition
chrétienne, telles les prophètes Zacharie et Jean le Baptiste, le prophète et
messager Jésus et sa mère, Marie.
Dieu a élu Marie au-dessus de toutes
les femmes de la création. Il dit, dans le Coran :
« Et un jour, les anges dirent à Marie : « Ô Marie! Certes, Dieu t’a élue et purifiée, et t’a préférée à (toutes) les femmes de la création. »
Ali ibn Abou Talib a dit :
« J’ai entendu le Prophète dire que Marie, la fille d’Imrane, fut la meilleure de toutes les femmes. »
En arabe, le nom Maryam signifie la
servante de Dieu et, comme nous le verrons, Marie, la mère de Jésus, était
dédiée à Dieu avant même sa naissance.
La naissance de Marie
La Bible ne nous donne aucun détail sur
la naissance de Marie. Mais le Coran nous apprend que l’épouse d’Imrane (et
donc la mère de Marie) avait offert son enfant à naître au service de Dieu. La
mère de Marie s’appelait Hannah et elle était la sœur de l’épouse du prophète Zacharie.
Hannah et son mari, Imrane, croyaient ne jamais avoir d’enfant; mais un jour,
Hannah invoqua son Seigneur du plus profond de son cœur et Le supplia de lui
donner un enfant, promettant que cet enfant servirait au temple de Dieu, à
Jérusalem. Dieu entendit ses prières et elle devint enceinte. Lorsqu’elle
s’en rendit compte, elle s’adressa ainsi à Dieu :
« Seigneur, je T’ai dédié ce qui est dans mon ventre [pour être dévoué à Ton service et à Ton adoration]. Veuilles l’accepter. »
S’il y a une leçon à tirer des
invocations d’Hannah à Dieu, c’est qu’il est important de se soucier de
l’éducation religieuse de nos enfants. Hannah ne pensa pas un instant aux
choses de ce monde, lorsqu’elle s’adressa à Dieu; tout ce qu’elle souhaitait,
c’était s’assurer que son enfant soit proche de Dieu et œuvre à Son service. Ces
personnes proches de Dieu, qui faisaient partie de la famille d’Imrane, sont
celles que nous devons prendre comme modèles, en tant que parents. Dieu nous
rappelle maintes fois, dans le Coran, qu’Il est Celui qui pourvoit à nos
besoins, et Il nous recommande vivement de tout mettre en œuvre pour nous
sauver, ainsi que notre famille, du feu de l’Enfer.
Dans son invocation, Hannah demanda que
son enfant soit libre de tout travail relatif à la vie d’ici-bas. En
promettant que son enfant serait au service de Dieu, elle assurait ainsi sa
liberté. La liberté est une valeur que tout être humain s’efforce d’obtenir.
Hannah avait compris que la véritable liberté ne s’obtenait que par une
soumission totale à Dieu. C’était du moins ce à quoi elle aspirait pour son
enfant à naître. Elle voulait qu’il soit libre, soumis à aucun être humain ni
à aucun désir de ce monde; elle souhaitait le voir soumis à Dieu, de façon
exclusive. Enfin, Hannah donna naissance à une fille. Elle se tourna alors
vers Dieu et Lui dit :
« Seigneur ! Voilà que j’ai accouché d’une fille. » Dieu savait mieux que quiconque de ce dont elle avait accouché ; le garçon n’est point comme la fille. « Je l’ai nommée Marie et certes, je demande Ta protection, pour elle et pour sa descendance, contre Satan le banni. »
Hannah nomma sa fille Marie. Se
rappelant le vœu qu’elle avait fait à Dieu, elle se trouva face à un dilemme,
car il n’était pas permis, à l’époque, qu’une femme serve au temple. Le père
de Marie, Imrane, avait quitté ce monde avant sa naissance; alors Hannah se
tourna vers son beau-frère, Zacharie. Celui-ci rassura Hannah en lui faisant
comprendre que Dieu savait mieux que quiconque qu’elle avait accouché d’une
fille.
Cette enfant, Marie, était parmi les
meilleures personnes de la création.
Le prophète Mohammed (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) nous a dit que lorsqu’un enfant naît, Satan le pique et l’enfant se met à crier.
Le
prophète Mohammed (que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur lui) nous
a dit que lorsqu’un enfant naît, Satan le pique et l’enfant se met à crier.
Cela démontre la grande inimitié entre Satan et les hommes. Mais il y eut deux
exceptions à cette règle :
ni Marie ni son fils Jésus ne furent piqués par Satan, grâce à l’invocation de la mère de Marie.
Lorsque vint le temps, pour Marie, d’entrer
au Temple, tout le monde voulut prendre soin de cette pieuse enfant d’Imrane.
Comme c’était la coutume, à l’époque, les hommes tirèrent au sort et Dieu fit
en sorte que le prophète Zacharie devienne son tuteur.
« Et son Seigneur l’agréa parfaitement et la fit grandir de la meilleure manière. Et Il en confia la garde à Zacharie. »
Le prophète Zacharie servait lui-même
au temple. C’était un érudit d’une grande sagesse, qui dédiait son temps à
l’enseignement. Il fit construire une chambre privée pour Marie afin qu’elle y
adore Dieu et vaque à ses occupations quotidiennes en toute intimité. Comme il
était son tuteur, il rendait visite à Marie quotidiennement. Un jour, il fut
surpris de trouver des fruits frais dans sa chambre. On rapporte qu’en hiver,
on trouvait dans sa chambre des fruits d’été frais et qu’en été, on y trouvait
des fruits d’hiver frais. Le prophète Zacharie lui demanda comment les fruits
s’étaient retrouvés là, ce à quoi elle répondit que c’était Dieu qui pourvoyait
à ses besoins. Elle dit :
« Cela me vient de Dieu. Dieu donne sans compter à qui Il veut. »
Durant cette période, le dévouement de
Marie à Dieu était sans égal; mais sa foi allait très bientôt être mise à
l’épreuve.
[1] Sahih Al-Boukhari.
[2] Sahih Mouslim.